Politiser l’Europe, européaniser la politique

 

MJSeurope

Alors que les crises (économiques, sociales, démocratiques, climatiques…) se multiplient et que l’efficacité des organisations internationales est de nouveau remise en cause, la gauche européenne a un rendez-vous historique : les élections européennes de juin 2009. Une nouvelle fois pour la famille socialiste, cet enjeu européen nécessite plus que jamais une remise en cause et un dépassement de nos clivages. Nous pensons que le rôle des structures de jeunesse progressistes est de donner un sens particulier à la construction européenne, en inventant de nouveaux horizons, en fédérant les citoyens autour de leurs projets et en intégrant pleinement la dimension européenne dans le militantisme.

 

En quelques années, le MJS a pris conscience de l’importance politique de l’enjeu européen. Tous les militants sont sensibilisés à cette question et de nombreux textes ont déjà été écrits. Alors, pourquoi un texte de plus ? Pour clarifier et pour agir.

 

Clarifier parce que la construction européenne arrive à une étape cruciale de son histoire qui nécessite non seulement de faire des choix, mais aussi de les assumer. Agir parce que notre volonté est de redéfinir notre engagement et que nous ne considérons pas notre action au MJS comme un exercice de style, de postures et de paroles. Les propos que nous tenons, les propositions que nous esquissons n’ont de sens que s’ils se traduisent par des actes.

 

 

 

Face aux replis et sentiments nationaux : une Europe des peuples

 

Le spectre du repli nationaliste en Europe est bien présent et représente un réel danger pour notre ambition européenne ainsi que pour la démocratie, d’autant plus dans une période mouvementée économiquement. C’est parce que nous sommes démocrates que nous devons nous battre contre ces sentiments d’intolérance, de haine et d’exclusion. C’est parce que nous sommes internationalistes que nous devons agir pour la justice dans un cadre plus vaste que nos seules frontières nationales. Notre ennemi politique n’est pas seulement Nicolas Sarkozy. Il est Silvio Berlusconi, Lech Kaczynski et tous les autres représentants de cette droite conservatrice, libérale et populiste qui entraîne l’Europe dans l’exacerbation des sentiments nationaux et des replis identitaires. Une droite qui crée une Europe factice du tout marché, qui accumule les échanges financiers et prospère sur les inégalités.

 

Face à ce constat, la gauche européenne a un rôle à jouer et un combat politique à mener. Elle doit pour cela prendre le pouvoir, être conquérante et assumer de mettre en œuvre une politique ambitieuse dans tous les domaines. Le logement, la précarité, l’éducation, l’écologie, l’économie sociale… elle aura pour responsabilité de redonner espoir à la jeunesse et confiance en une Europe progressiste. Nous ne nous contenterons pas de symboles et d’imageries. Notre objectif est la réconciliation du peuple européen avec une idée, une ambition, celle d’une Europe démocratique, politique et sociale.

 

L’Europe souffre de trop d’individualismes. Il n’y a pas de grand projet fédérateur sans prise de risque démocratique et sans la majorité des peuples européens. C’est pourquoi nous proposons, déjà depuis quelques années l’organisation d’élections pan-européennes pour politiser les enjeux et permettre la confrontation de deux ambitions européennes, celle du progrès, de la démocratie, de l’égalité et de la justice sociale contre celle du conservatisme, du nationalisme, du populisme et des intérêts financier.

 

Remettre les européens au centre du processus démocratique, telle est notre ambition. Dépasser les intérêts strictement nationaux, telle sera notre méthode.

 

Pour parvenir à cette politisation de l’Europe, le Mouvement des Jeunes Socialistes devra faire émerger les thèmes de campagne qu’elle jugera comme majeurs.

 

 

 

Les grands chantiers : reprendre le combat européen

 

Réconcilier le projet européen avec les citoyens nécessite plus que jamais une meilleure lisibilité dans ce qu’elle incarne. Force est de constater que l’Union européenne n’est directement vécue par les étudiants que par les échanges ERASMUS. La symbolique est importante, mais elle ne suffit pas. Il nous faut donc inventer des instruments lisibles.

 

Donner un véritable sens à l’engagement et à la citoyenneté européenne, c’est aussi faire élire la Commission et son président par les européens. C’est faire que la composition de la commission ne soit plus nationale (un commissaire par pays) mais politique et responsable devant le parlement. Ainsi même, nous nous engageons fermement à ce que le PSE désigne son candidat à la Présidence de la commission avant les futures élections.

 

Redonner vie à l’ambition européenne exige de nous d’être en capacité de répondre aux enjeux majeurs actuels : crise économique, crise sociale, crise démocratique et crise climatique.

 

Pour qu’elle soit créatrice d’un développement solidaire, notre Europe doit être celle de l’investissement et de la régulation des marchés financiers. Elle doit être au service de l’emploi et de la protection sociale, notamment par la mise en place d’une directive cadre pour les services publics, d’une charte européenne des stages, la création d’un code du travail européen et une politique de formation continue. Les forces progressistes européennes doivent aussi porter le projet d’un Traité social pour l’union. Elle doit être internationaliste en développant massivement les politiques de co-développement pour le Sud (par le transfert de technologies, l’échange culturel) et la prise de mesures progressistes en matière de droit des étrangers. Elle doit être écologiste, en proposant notamment l’élaboration d’une directive sur la réduction des émissions de gaz, ainsi que le contrôle et la surveillance des centrales nucléaires au niveau européen.

 

Si vous souhaitez vous engager dans ce combat : http://politiserleurope.wordpress.com/

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